Publié par : bruno walther le : mai 18, 2009
La polémique au Collège Sévigné concernant la vidéosurveillance coïncide avec la publication du dernier rapport de la Commission Nationale de l’Informatique et Libertés (CNIL) datant du 13 mai dernier. Celui -ci montre une augmentation de 43% des plaintes concernant la vidéosurveillance et demande au Ministère de l’intérieur de clarifier le régime juridique la concernant.
Sauf que ce Ministère désire porter à 60 000 le nombre de caméras à la fin de cette année. Il s’agit d’un objectif comptable bien à la mode mais dont le but ne nous est pas expliqué clairement. Le postulat de base est qu’il existe une corrélation directe entre ce nombre magique et notre sécurité. Mais d’où sort on ce raccourcis ?
A ma connaissance aucune étude scientifique ne le prouve, plutôt le contraire, et on fonde toute la légitimité de cette démarche sur des variations subjectives d’un « sentiment d’insécurité ».
Je suis pour ma part incapable de conclure. Mais je sais seulement et surement qu’une telle prolifération d’espaces vidéo surveillés est loin d’être anodine. Nous cédons sans sourciller des pans entiers de notre liberté en échange de l’utopie d’un monde sans risques et à force de courir vers le risque zéro nous stérilisons l’essence même de notre vie et celle de nos enfants.
La lettre tardive de madame le Proviseur essaye de nous expliquer en trois lignes que suite à un vol et des dégradations dans les sanitaires un système de vidéosurveillance a été installé. Et on nous demande de faire comprendre à nos enfants l’intérêt de ce dispositif !
Dois-je déduire que des caméras ont été installées dans les toilettes et qu’on y filme mes enfants à leur insu? Dois je leur expliquer qu’on viole leur intimité en toute impunité pour éviter quelques tags dans les sanitaires ? Et en plus, dois je leur dire qu’il faut collaborer puisque c’est dans leur intérêt ?
Non ! La seule attitude saine dans ces conditions semble être celle des enfants qui ont décidé d’agir, de demander des explications. Nous ne pouvons que les remercier d’avoir acquis un sens critique et de nous alerter intelligemment.
Soyons clairs, je ne plaide pas pour l’anarchie. J’ai délégué une partie de mon autorité à cette institution laïque et je l’assume. Mes enfants doivent la respecter, comme ils doivent respecter tout espace de savoirs. Mais ce devoir leur donne aussi le droit de penser librement, d’être en désaccord, d’entretenir le doute et d’exiger d’être respectés à leur tour.
On demande à une école idéale la difficile tâche d’accomplir l’alchimie schizophrène d’éduquer nos enfants, de leur imposer un cadre, mais sans étouffer leur esprit.
La réaction de quelques enfants prouve que cela existe à Sévigné et que jusqu’à aujourd’hui l’école a su préserver leur liberté. Notre devoir est de les soutenir et en aucun cas de justifier des décisions qui portent atteinte à leur intimité.
Dans ce contexte la lettre d’explication expéditive de la direction est au minimum maladroite et en tout cas extrêmement inquiétante.
Guillermo Lozano Ortiz de Zarate
mai 21, 2009 à 10:00
Il n’y a pas de vidéo surveillance dans les toilettes, les élèves ont pris les détecteurs de mouvement là depuis toujours qui déclenchent la lumière pour des caméras cachées…